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La décision de Laurent Blanc d'exclure les 23 joueurs du Mondial pour le prochain match contre la Norvége, est?

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Voyager pour témoigner

Nos amis globetrotteurs ont envoyé des nouvelles. Voici un extrait de leur newsletter :

« Des nouvelles de Thaïlande !

Nous avons mis un peu de temps mais voilà des nouvelles de nous ! Après quelques problèmes techniques (connexion Internet désastreuse à Bangkok), nous avons enfin réussi à mettre des nouveaux posts sur le blog. Cela a pris du temps mais nous y sommes arrivés ! Nous étions à BANGKOK la semaine dernière pour « prendre la température » et bourlinguer dans la ville. Le blog reprend donc les principales étapes de cette semaine dans la capitale Thaïlandaise, à savoir notre arrivée, la découverte du quartier dans lequel se trouvait notre guest house (Khao San Road, c'est à dire le lieu de rendez-vous de tous les globe trotters), nos diverses visites de temples, palais et autres marchés (Wat Pho, le Grand Palais, le marchés aux fleurs, le marché flottant), ainsi que d'autres expériences enrichissantes et instructives : les balades en tuk tuk, la cuisine thai (l'une des meilleures au monde) et notre expédition à la gare de Bangkok ainsi que notre départ vers Nong Khai. Nous voici maintenant pendant 3 jours à Nong Khai pour notre formation au Thai et à la culture locale avant de partir pour Kui Buri afin de réaliser notre mission portant sur l'écotourisme avec Openmindprojects.

Malheureusement, avec tous les problèmes de connexion que nous avons rencontrés, nous sommes de moins en moins confiants concernant la mise à jour régulière de la rubrique « reportages photo et vidéo ».

Néanmoins, nous faisons notre mieux pour alimenter notre blog en texte, photos et vidéos.»

Alors n’hésitez pas à aller faire un tour sur leur blog pour découvrir toutes leurs aventures.

Fête dans le quartier du Parc

Vendredi soir, plus de 300 personnes se sont réunis au parc autour de l’association Authenti-cité. Au programme, un dîner composé au choix d’un plat africain, d’un couscous ou d’un plat indien. Ensuite, une salade de fruits était servi par de nombreux bénévoles. Cette soirée festive fut aussi l’occasion pour le président de cette association de rappeler l’étroitesse de leurs locaux situé rue de Craiova. Après le dîner des spectacles de danses orientales, indiennes ont alterné dans la bonne humeur avec des morceaux de musiques malgache et des tours de magies pour le bonheur des familles venus en nombre. Les caméras et appareils photos des parents n’ont rien raté des prestations des plus jeunes largement soutenus par un public conquis.

Voyager pour témoigner

Cette semaine quatre jeunes nanterriens s’envolent vers l’Asie pour plusieurs mois. Fondateurs de l’association voyager pour témoigner, ils partent avec deux objectifs : réaliser des missions à but social et environnemental et, faire découvrir et comprendre les différences et les inégalités entre les populations des pays pauvres et développés. Ainsi, ils sillonneront la Thaïlande, le Cambodge, la Chine, le Vietnam et le Laos en étudiant par exemple les périphéries des grandes villes asiatiques (Bangkok, Hanoï, Phnom Penh) ou en participant au fonctionnement d’un orphelinat au Cambodge (Projet Our Home).

Suivez donc de temps à autres leur périple sur le blog ou depuis leur site et soutenez ce magnifique projet dans lequel chacun d’entre eux s’investit tellement.

Forum Social Mondial

24/01/2007 :

La faune, la flore, … On se lève vers 8h pour une matinée sympathique et détendue dans le parc national de Nairobi. Nous voilà donc partis en compagnie de Georges, notre pilote de choc, aux commandes de notre camionnette. Une matinée très « hakuna matata » (bonne journée) où nous allons justement quitter le décor urbain pour retrouver la nature…

Après nous être fait quelque peu avoir sur le prix de l’entrée au safari - mais bon, quand on fait des activités de touristes on prend toute la panoplie !! - nous voilà élancés sur la terre rouge, au milieu d’une végétation plutôt sèche. Bientôt, entre les Acacias et autres herbes typiques, Georges nous dégotte une antilope, l’air interloqué mais moins peureuse qu’on aurait pu penser.

Ensuite ça n’arrête pas. Entre les différents oiseaux, les différentes antilopes, et surtout le paysage, absolument magique… et puis, c’est tellement original de se retrouver en pleine nature, comme seuls au milieu du désert… en ayant quand même à l’horizon les tours du centre financier de Nairobi !! Peu de temps après, Georges et son œil de tigre s’arrêtent sur un tableau « feu de l’action » : une « battle » de regards entre deux lionnes, à la fois crâneuses et discrètes, et trois rhinocéros nonchalants… embrouille ou pas ? Fin de l’histoire pacifique.

Finalement chacun reprend son chemin et nous aussi. Après avoir croisé un héron, un serpentaire et quelques autres espèces d’oiseaux, une très élégante girafe, pas farouche, nous honore de sa présence et nous toise elle aussi du coin de l’œil.

Riches de photos et de films à foison nous regagnons petit à petit l’entrée, quand une famille singe au cul rose et au regard hostile nous coupe la route. Re-break « photo à profusion » et cette fois les animaux, encore moins farouches que les autres, posent littéralement. Habitués de ce genre de rencontre avec des amateurs de ballade à la « roots » (racines), les plus âgés nous narguent et tardent à libérer la route ! Faut partir jusqu’en Afrique et rencontrer des singes pour ré-apprendre la patience… drôle !!

Bref, on en a pris plein les yeux et les oreilles (le silence de la nature… avec en fond le bruit du moteur de notre van… est très apaisant) et nous n’avons pas vu le temps passer ; c’est vraiment très impressionnant de voir des animaux dans leur milieu naturel, vivre sans avoir peur d’être braqué par les appareils photo des touristes.

On rentre donc tranquillement vers le forum pour faire un ultime tour des exposants (eh ouais c’est déjà le dernier jour !), voir si on ne peut pas interviewer encore d’autres participants et trouver des petites choses à rapporter et à vous montrer.

Le soir, il faut s’habiller, pas trop mal, car nous sommes invités par Mme l’Ambassadrice de France à un apéritif = recherche ardue dans certaines valises pour trouver quelque chose de convenable… à base de jupe indienne, de chechia venant tout droit du maghreb et de boubou africain… le look typique français quoi !! Madame l’ambassadrice invite les responsables des organisations françaises ou francophones à Nairobi, dans un décor sublime, un qui contraste encore un peu plus avec ce que nous avons vu la veille à Korogocho (voir carnet de route du 23/01/07). Nous y retrouvons la délégation de Bobigny et nos grands potes, Mamadou Premier (l’homme qui aimait la verdure ! Private Joke !!), Mamadou Second, Razik et Sabira.

Cette soirée marque aussi le départ de Joseph (notre camarade de rigolade, le « jeune-vieux » du groupe, le papa de la « délégation jeune » qui n’a pas pu trouver d’avion plus tard et nous prive donc de sa présence pour la dernière journée… on se prépare tous à un grand vide ! Juste avant de partir pour accompagner Joseph à l’aéroport, Rani a réussi à donner le CD de son association à l’ambassadrice - en main propre siouplaît - qu’elle s’est empressée de mettre sur la chaîne HIFI ! Tout le monde a pu entendre les propos des jeunes de Nanterre sur la citoyenneté… l’était pas peu fier le monsieur ! Et nous donc !!!

Nous rentrons ensuite directement à l’hôtel, tous fatigués par cette longue journée, pour une bonne nuit de sommeil ; les plus courageux en auront grandement besoin pour le marathon qui les attend demain matin et dont le parcours de 14 km passe à travers les « slums » (bidonvilles) de Nairobi.

Forum Social Mondial

23 janvier... suite et fin

Aline

Mes parents m’ont toujours dit d’être prudente, et qu’il ne fallait pas confondre la prudence avec la peur ; ils m’ont dit qu’il fallait que j’apprenne à être vigilante, sans pour autant devenir quelqu’un de méfiant ; ils m’ont dit tout simplement, pour me préserver d’éventuelles difficultés, qu’un homme averti en vaut deux ! Et je croyais être avertie.

Oui, on m’avait dit qu’en Afrique des gens mourraient de faim, vivaient dans des conditions atroces, que les plus âgés sur ce continent atteignaient difficilement la cinquantaine, que les hommes, les femmes et les enfants, soumis à des conditions misérables, travaillaient pour des salaires dérisoires et souffraient de nombreux manques. On m’avait dit que le SIDA faisait des ravages en Afrique et que des millions de gens allaient mourir d’ici les dix prochaines années… oui, on me l’avait dit.

Cependant, aucun être humain sensible, « averti » par tous les médias, discours et cris d’alarme du monde n’est préparé à voir ce que nous avons vu. Les mots n’ont plus de poids, plus d’intérêt face à cette réalité, si dure.

Dans une société où la violence règne sur toutes les chaînes, où nos yeux, nos oreilles sont habitués aux effluves de sang et aux rafales de balles, aux bruits de bombes et aux hurlements des populations déchirées, nous avons entendu d’autres sonorités, observé d’autres manières de faire, de résister et de survivre, face à une violence beaucoup plus sourde et insidieuse… celle de notre indifférence.

Nous avons rencontré une population belle et souriante, pleine de vie malgré ses difficultés : Manque d’eau, de nourriture, de soin, habitat des plus précaires et conditions d’hygiène déplorables, pas ou peu de travail et manque de considération du reste de la population Kenyane, Africaine… Internationale.

Alors que 45000 personnes, toutes nationalités confondues, se sont donné RDV au stade de Nairobi pour discuter d’un nouveau monde possible, plus humain, quelques 20 minutes de car nous séparent d’une toute autre réalité, gravissime, urgente, où le rêve d’un nouveau monde ne doit plus non seulement être envisagé comme une « possibilité » mais bel et bien comme une « priorité ». Nous croyons savoir. Les bribes d’informations qu’on laisse à notre portée nous donnent bonne conscience. Nous pensons avoir fait le strict minimum, celui qui soulage notre humanité, quand déjà nous nous intéressons – même de très loin – à la vie des autres populations de la planète. Mais nous ne savons rien. Je ne savais rien.

La vie des gens que nous avons rencontré est beaucoup moins spectaculaire que les images servies sur nos écrans à 20h ; amateurs de sensations fortes, nos journalistes n’auraient pas trouvé en notre compagnie leur quota d’images croustillantes, mais ils auraient pris comme nous tous, une grande leçon de courage et de vie.

Je parlerai de Suzanna, 13 ans, de Simon, 11 ans, de Solam, 10 ans, d’Esther, 38 ans, tous pris dans un quotidien des plus difficiles et qui pourtant, nous offrent chacun de leurs sourires avec la plus grande bienveillance ; leurs regards, leurs mains et ce petit garçon de trois ans qui vient se blottir contre moi et me prodigue de la chaleur pendant près d’une demi-heure. J’ai 27 ans, cet enfant pourrait être le mien et mes yeux dans les siens, je ressens des choses jamais éprouvées auparavant. Mais il n’y a pas de place pour la tristesse ici. Bien au contraire. A ces gens qui n’ont rien, mais qui ont su conserver l’essentiel, une âme forgée dans la force du partage et de la solidarité, je dois beaucoup. Ma reconnaissance n’a pas de limite et je pars grandie de Korogocho, plus consciente que jamais de mes chances et du chemin qu’il me reste à parcourir, avec plus d’ardeur encore. Merci à eux. Une personne qui a observé en vaut deux…


Un peu plus tard, je demande à mon pote Rani à propos de notre venue à Korogocho : Qu’est-ce qu’il te vient à l’esprit ?

Il me répond :

Ce qui me vient à l’esprit ? … Là, tout de suite, je me dis qu’il y a 35 ans à peine, mes parents vivaient eux aussi dans un Bidonville, à Nanterre. Voilà ce qui me vient à l’esprit.

… Moins de deux générations nous séparent d’une France immobile à la souffrance des plus démunis. Nous aurions torts de nous offusquer des conditions de vie de certains sur d’autres continents, de montrer du doigt certains dirigeants et d’être à la fois incapables de réagir ou de nous remettre en question devant les injustices qui touchent encore notre pays. La première leçon à retenir, c’est qu’il ne faut jamais oublier son histoire, d’où l’on vient et ce que l’on a traversé si l’on veut pouvoir apprécier la vie à sa juste valeur. La seconde, c’est que rien n’est jamais acquis… l’humanité, d’où qu’elle soit, doit constamment se battre pour faire reconnaître ses droits, même les plus élémentaires, pour une existence meilleure.

Forum Social Mondial

23 janvier suite...

Ana Lucia

On aurait pu se préparer, psychologiquement comme matériellement à ce qu’on allait voir en entrant dans le bidonville de Korogocho ; au final on n’est jamais complètement prêt à affronter cette réalité. C’est un mélange d’embarras, de honte, de compassion, d’inquiétude et surtout, surtout, d’impuissance.

Ils sont environ 1 million à survivre dans cet endroit qui, du coup, à cette échelle, est un véritable ville, comme il y en a plein d’autres ici à Nairobi. Et ce ne sont pas des gens que l’on peut accuser de s’être marginalisé, d’être inactif, ou de mériter ce qui leur arrive, comme on peut se tromper parfois en expliquant comment, même à Paris, des gens se retrouvent à vivre sur le périph’, non !

Ici c’est la majorité des gens qui connaissent ce quotidien. Et tous les jours viennent s’entasser à côté d’eux les ordures de la ville puisque ils sont installés à proximité de la décharge… Je les trouve à la fois extrêmement forts et résistants, ingénieux de réussir à se fabriquer des intérieurs de toutes pièces récupérées, détournées. Les enfants ont l’air d’avoir pris conscience très tôt de la dure réalité de leur vie et dégagent une certaine maturité, même les plus petits… surtout eux qui, vu l’espérance de vie, sont les plus nombreux. Et par ailleurs, je ne m’explique pas si c’est le désespoir, ou la faiblesse - sentiments qui leur seraient tout à fait légitimes, qui les paralysent et les empêchent de croire qu’ils ont le DROIT, comme tout homme, à un mieux-vivre.

Après un long moment de silence en sortant de leur quartier, je pense : Ces gens doivent se regrouper, se fédérer, et avancer jusqu’à ce qu’ils s’imposent à leur gouvernement, voire qu’il le renverse, et notre devoir de citoyens du monde sera de les aider, s’ils le souhaitent, le moment venu. Pas en envoyant nos troupes ou nos diplomates, mais en faisant nous-mêmes pression sur nos gouvernements, sur nos multinationales, sur nos banques, pour que tous cessent de contribuer, de près ou de loin, au maintien de ces peuples dans la misère… ou nous courrons tous le risque de voir une partie de la population noire africaine disparaître…


Forum Social Mondial

23/01/2007 :

Pour aujourd’hui, nous avons décidé de changer de méthode et de vous restituer individuellement nos impressions sur cette journée particulière ; c’est certainement Chloé qui la résume le mieux, de la façon la plus complète… mais si nous avons tous été au même endroit, au même moment, les sentiments qui nous ont pris d’assaut sont multiples et différents. Une sensation commune cependant, en sortant du bidonville, celle d’avoir pris une « énorme claque »… celle qui réveille après la perte de « connaissance ».

Chloé

Aujourd’hui journée qui s’annonce pleine d’émotions !

Lever 7h30, on rejoint avec Claudine les jeunes de la délégation de Bobigny à leur Hôtel et on part tous en direction du 2ème bidonville de Nairobi : « Korogocho ». Une ambiance spéciale se fait ressentir dans le Van, un mélange d’excitation, de stress, de malaise. On se demande tous jusqu’où peut aller la pauvreté dans la capitale du Kenya. Le rendez-vous est donné dans une église, « the St John Church ». Pour y arriver, on entre au centre du bidonville et là, personne ne trouve de mot.

La devise de Paris Match au tout début était « le poids des mots le choc des images ». Ici les images suffisent ! Je vous invite à visiter avec une grande humilité notre galerie photo. J’ai eu l’impression d’être dans un zoo mais pour une fois c’était moi l’animal curieux !! Les habitants nous regardaient passer, il faut dire que deux vans remplis de « blancs » traversant leurs rues, ça ne doit pas arriver tous les jours.

En résumé, le bidonville c’est pauvreté, misère, sans eau ni électricité, des conditions de vie et d’hygiène catastrophiques. Je ne vais pas m’étendre sur la situation, les photos parlent d’elles même et nous allons prendre le temps pour échanger à ce sujet avec tout ceux qui le souhaitent, lors des conférences que l’on va organiser prochainement.

Dans l’église est organisée une grande conférence pendant laquelle interviennent des acteurs sociaux, provenant des bidonvilles d’Amérique Latine notamment. Les enfants nous entourent avec leurs sourires, leurs mains, leurs yeux, …

Nous repartons après 2h passées dans l’enceinte de l’Eglise. Nous reprenons le van et retournons au Forum. Pour apaiser un tant soit peu mon esprit je décide d’aller à un workshop (atelier) sur Gandhi (sa vie, son œuvre, sa philosophie). Le soir on retrouve toute notre délégation pour aller dîner ensemble. Se retrouver dans le restaurant « Carnivor » a fait contraste avec notre matinée, lourde en émotions, mais on en a quand même profité pour décompresser et se préparer pour la journée du lendemain.